ÉTAT DE SIÈGE
" La caserne d'Artois était située hors de Versailles, dont la limite s'arrêtait avant 1773 au niveau de l'hôtel de Limoge, du nom moqueur donné aux misérables demeures des ouvriers limousins œuvrant à la construction du Château. S’y étendait un terrain vague affublé du nom de « camp des Fainéants », où se côtoyaient tous les mal-logés de la ville, manouvriers, maçons, débardeurs, colporteurs mais aussi quelques gueux qui donnèrent mauvaise réputation au quartier.
La caserne y fut construite entre 1773 et 1776, pour abriter les écuries du comte d'Artois, frère du roi Louis XVI et futur Charles X de France.
En 1823, une ordonnance royale y positionna une école d’application de cavalerie et une école de trompette. Elles ne restèrent qu’une année : une nouvelle ordonnance les transféra en 1824 à Saumur".
Voici, en quelques lignes, l’origine de cette caserne d’Artois au sein de laquelle un siège totalement rénové, mais conservant le style architectural du XVIIIe siècle, a été livré à L’Epaulette ce 4 février. Un retour qui apparaît comme une évidence, pour une association héritière de la Versaillaise, et avec une implantation qui intervient au 150e anniversaire de la formation des officiers en Ecole d’Arme, voie ouverte en 1875… à Saumur !
Mais la comparaison a ses limites, car ici point de « camp des fainéants », durant ce mois de février où Nathalie, Cécile et Maurice ont travaillé d’arrache-pied à redéployer un siège totalement opérationnel pour le 1er mars ! Nous y sommes !
Nos lecteurs et lectrices trouveront un dossier central consacré à la brigade du génie, au moment même, hasard éditorial car nous l’avions programmé de longue date, où cette brigade constitue, avec les unités de la sécurité civile, le cœur de la force de reconstruction déployée à Mayotte après le passage du cyclone Chido. Le capitaine Alexandre, officier du 13e génie que je remercie, nous en propose, dans ces pages, la relation.
Au registre de la vie des promotions, et en partant des plus jeunes avant de remonter un peu le temps : L’Epaulette souhaite longue vie et forte cohésion à la jeune promotion de L’EMAC « chef d’escadrons Chomel de Jarnieu » ; quant aux plus anciens, c’est de la Cardonne et de la Broche dont nous proposons, cette fois, des nouvelles : leur vitalité est pour nous tous un exemple !
On pourra trouver cet éditorial un peu décalé, tant l’actualité mondiale, européenne et nationale inviterait à quelque réflexion géo-politique : je fais l’hypothèse que le lecteur saura volontiers s’en passer, tant il n’en manque pas par ailleurs.
D’une phrase tout de même peut-être, pour l’officier qui entra sous l’uniforme en juin 1979, et alors que l’unique mission consistait, nuit et jour, à se préparer à l’arrivée des spetnaz soviétiques : comme une impression de retour au point de départ.
Et une constante : il demeure, dans le concert des Nations, les « puissances dotées » et les autres. En pareille situation, on aime à se sentir officier français.
Bonne lecture.
Fidèlement.
Général (2s) de corps d’armée Richard André
Président de l'Épaulette.